• 16 novembre 2018

RHD – Un risque d’ubérisation pour les distributeurs ?

RHD – Un risque d’ubérisation pour les distributeurs ?

1024 374 Entreprise 365

Entreprise 365 était récemment invité par la commission Restauration Hors Domicile de l’association Produit en Bretagne pour évoquer avec une cinquantaine de dirigeants (industriels, distributeurs spécialisés et sociétés de restauration)  le futur de ce secteur.

Au final, une matinée riche et intense, (dynamiquement animée par Laurent Terrasson), articulée autour de 4 interventions.

  1. la première portait sur les tendances d’aménagement des espaces de restauration collectifs,
  2. La seconde (proposée par votre serviteur) revenait sur la nécessité pour industriels et distributeurs de consolider la relation avec leurs clients restaurateurs,
  3. La troisième présentait des innovations technologiques autour de la prise de commandes dans l’expérience de restauration,
  4. la quatrième présentait des innovations exploitant les technologies de réalité augmentée et de réalité virtuelle.

en synthèse, je retiens des débats qui sont venus agrémenter chacune des interventions :

  • un effacement progressif des frontières entre la restauration commerciale et la restauration collective
  • une certaine prudence vis-à-vis des innovations technologiques déshumanisantes et une vigilance forte à la « commensalité » (cf notamment les travaux de Claude Fishler sur le sujet)
  • la place de l’humain dans la relation de service

 

L’intervention d’Entreprise 365 visait essentiellement à faire passer le message suivant :

Dans un domaine particulièrement dynamique, en pleine mutation, industriels et distributeurs spécialisés doivent anticiper l’arrivée de nouveaux intermédiaires. Pour conserver leurs marges, ces acteurs professionnels, fournisseurs de la restauration hors domicile, doivent tout faire pour consolider la relation qu’ils entretiennent avec leurs clients. Pour cela, les outils numériques semblent les plus appropriés.

Avec l’avènement des « foodtech », la perception du secteur alimentaire évolue. Malgré cela, il m’arrive encore de rencontrer des dirigeants, qui portent un regard tout à la fois réaliste mais également très acerbe sur leurs clients. De façon péremptoire, certains nous expliquent ainsi que « leurs clients restaurateurs n’ont pas le temps de consulter leur adresse email, quand ils en ont une, ni de jouer sur les réseaux sociaux, et encore moins d’utiliser Google ».

Il s’agit là d’une profonde erreur à mon sens. Pas qu’ils aient tort sur ce qu’ils observent au quotidien chez leur clients, mais pourquoi les professionnels de la restauration, dirigeants d’entreprises également, n’auraient-ils pas le droit de jouir des avantages que nous apportent à tous, les technologies numériques, à commencer par celui de gagner du temps ?

Pourquoi les restaurateurs ne pourraient-ils pas jouir des technologies « nouvelles » pour échanger des nouvelles avec leur famille, se partager des photos de vacances, suivre les aventures des amis partis à l’autre bout du monde ou payer leurs impôts en ligne ? Pourquoi n’auraient-ils pas le droit d’espérer jouir de ces mêmes services pour leur activité professionnelle (qui cela dit en passant est généralement intimement liée à leur vie personnelle et familiale) ?

« Oui, mais l’agro c’est différent. Il s’agit de produits alimentaires que l’on mange. On a besoin de toucher, de goûter, de voir les gens et les produits ! »

Certainement. Produire et vendre de l’aliment c’est un métier avec ses propres règles. Mais cela n’empêche pas le numérique d’avoir déjà transformé toute la chaine de valeur agro-alimentaire. Les innovations sont partout autour de l’aliment bien avant et bien après la consommation. De plus, ce sont ces innovations qui permettent de créer de la valeur.

La page d’accueil du service de livraison à domicile Foodora

Pour terminer, le quotidien des professionnels de la restauration commerciale indépendante a déjà changé en profondeur. Pour avoir une vision rapide et opérationnelle, vous pouvez lire cette tribune de Thomas Barenfeld sur Linkedin Pulse : Que vous soyez franchisé ou indépendant, que vous interveniez en restauration rapide ou en restauration traditionnelle, c’est très différent, soit. Mais, dans tous les cas, il faut un fort investissement de départ et on en revient donc à la sacro sainte règle principale du marketing :  la place, la place, la place, la place et encore la place. Mais aujourd’hui la seule place ne suffit plus à faire le succès d’un établissement.

On voit d’ailleurs, au travers du micro-phénomène foodtruck, comment la restauration ambulante parvient à fidéliser et à anticiper son activité grâce aux outils numériques : sms, alerte email, posts sur les réseaux sociaux pour :

  • annoncer le lieu de RDV
  • présenter la carte, voire même le plat du jour,
  • précommander et
  • éviter la file d’attente !

Si le monde de la restauration change, c’est parce que les clients changent. Ils sont très bien informés et très exigeants et ils n’hésitent plus à le faire savoir. Ainsi Tripadvisor ou La Fourchette deviennent incontournables pour un restaurateur. Mais suivre les notes, optimiser le contenu de sa page, modérer les commentaires tout cela prend du temps.

Et du temps, ils n’en ont pas les restaurateurs, c’est ce qu’ont bien compris les startup de la FoodTech et l’offre de service change. Les distributeurs spécialisés et les producteurs ne sont plus les seuls interlocuteurs des restaurateurs. Des plateformes de services promettent en effet aux restaurateurs de gagner du temps, qui pour leur achat, qui pour calculer la marge, qui pour leur système de commande, qui pour livrer des repas à domicile…

Les acteurs en place, ont donc tout intérêt à regarder avec le plus grand sérieux ces nouveaux acteurs : « La restauration c’est un métier de service et non de produit !  »

Obtenir notre support de présentation : "Quel avenir pour la RHD ?"

Laisser une réponse

Join our Newsletter

We'll send you newsletters with news, tips & tricks. No spams here.

Contact Us

We'll send you newsletters with news, tips & tricks. No spams here.